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Visualiser les concordances entre soutiens politiques de la presse britannique et victoires aux élections

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A trois jours des élections générales au Royaume-Uni, l’occasion de revenir sur les prises de position des principaux quotidiens nationaux.

Les journaux britanniques n’hésitent pas à afficher clairement leur soutien pour tel ou tel candidat et l’appui apporté par les rédactions représente un enjeu de campagne pour les partis politiques. Car ces prises de position ne sont pas acquises une fois pour toutes. Si le Times a soutenu le Labour en 2005, il s’affiche cette année en faveur du Conservative Party, par exemple, tout comme le Guardian.

Dès lors il devient très intéressant d’observer les concordances et dissonances entre soutiens médiatiques et soutiens dans les urnes.

C’est exactement l’objectif de l’infographie ci-dessous: quel journal a soutenu quel parti pour chaque élection depuis 1945 ? Et quel a été le parti vainqueur pour chaque élection ? Le tout mis en perspective avec le poids de chaque journal, compte tenu de sa diffusion.

Cette infographie a été réalisée à partir des données fournies par le Data Blog du Guardian ici :

Is it the Sun wot wins it for Labour? How newspaper support affects elections

The Sun and Labour support: How newspaper readers have voted in UK general elections

Ce Data Blog, au-delà de réaliser des très bonnes visualisations d’actualité, est en effet une mine de données. Les journalistes y publient les bases de données dont ils se servent pour mener leurs enquêtes, et invitent les lecteurs à réaliser des infographies à partir de cette matière première (et à les poster sur Flickr).

C’est exactement ce que nous avons voulu faire avec FX, qui blogue sur la visualisation de l’information, en anglais, sur Datanamics. Et qui est aussi un de mes co-équipiers dans l’aventure ActuVisu.

Une première mise en garde, loin de nous l’idée de suggérer une corrélation directe entre soutien médiatique et victoire aux élections. Nous sommes tous deux convaincus que les médias n’ont pas de claire emprise sur les actes et consciences des électeurs anglais et que les changements de bord des gouvernements britanniques relèvent bien plus d’une problématique liée aux évolutions sociales. Nous avons plutôt voulu questionner les évolutions de la presse quotidienne nationale en fonction de sa coloration politique.

Je vous renvoie à l’article détaillé de FX pour une analyse approfondie, mais j’aimerais juste attirer votre attention sur quelques petites choses que nous enseigne cette infographie :

  • Les années 70 sont déterminantes : à partir de là la coïncidence entre la couleur politique des médias et celle de la victoire électorale semble plus prégnante.
  • C’est également à partir des années 70 que le Sun acquiert une diffusion importante, et qu’il commence à changer de bord politique au gré des élections
  • Et c’est aussi dans les années 70 que s’amorce le déclin du traditionnel soutien aux Conservateurs que représente le Daily Express, et celui du traditionnel soutien au Labour que représente le Daily Mirror.
  • Qu’en conclure ? que le Sun est un élément déterminant depuis les années 70.

La vraie étude, celle que nous n’aurons pas le temps de faire, consisterait à analyser pourquoi une telle concordance entre les prises de position du Sun et le résultat des élections ? Quel est l’impact du Sun ? Le Sun aurait-il un sens particulièrement affiné du changement social, au point d’anticiper les changements de majorité politique, voire de les renforcer ?

Si vous avez déjà eu l’occasion de vous pencher sur cette question, je vous invite à nous faire part de vos réflexions.

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Data journalism : pourquoi les médias français ne s’y mettent pas ?

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Pourquoi les médias français se sont-ils si peu saisis du data journalism, à la différence des médias anglosaxons ? Quelques éléments de réponses ont déjà été apportés : par Valérie Peugeot sur www.lavoixdudodo.info et par Elodie Castelli sur www.journalismes.info. Après les études de cas, je vous livre ici ma synthèse. L’occasion de vous faire partager les enseignements tirés de cinq entretiens, réalisés en janvier dernier avec Hubert Guillaud, Jean Marc Manach et Charles Népote de la Fing, avec Fabrice Epelboin de RWW France et avec Nicolas Voisin de Owni.fr.

Comment expliquer le peu d’empressement des rédactions françaises à s’emparer du journalisme de données ? Plusieurs facteurs se combinent, certains relèvent des rédactions, d’autres de leur environnement

Côté rédactions :

Des rédactions en manque de moyens financiers…

Tout d’abord, côté rédactions traditionnelles, la plupart consacrent très peu de ressources à la R&D, et donc à du journalisme d’expérimentation, comme de la visualisation de données. La presse quotidienne n’en a tout simplement pas les moyens, les pure players difficilement. La presse magazine ou le secteur audiovisuel pourraient peut-être parier sur le journalisme de données, mais la crise économique ne les incite pas à de tels investissements.

Quelques exceptions néanmoins : l’Express.fr a recruté deux documentalistes pour réfléchir sur la structuration de données (plus d’info sur le blog d’Eric Mettout) ; France 24 mène un gros travail autour du Web sémantique au sein de son Lab (plus d’info sur le blog de Mikiane)

… en manque de moyens humains

Les rédactions ne sont pas seulement appauvries sur le plan financier, elles manquent aussi de ressources humaines. Car le data journalism nécessite du temps et des compétences : en datamining, en statistiques, en développement, en web-design, en interaction design, en sémiologie visuelle…

Actuellement, personne en France n’a réussi à réunir le bon mix de compétences. Pourtant, c’est sans doute ce qui fait le succès des visualisations du nytimes.com depuis deux ans : le titre fait travailler ensemble des ingénieurs, des infographistes et des journalistes, tous payés le même salaire et sur un même pied d’égalité. Rien à voir avec l’état d’esprit des rédactions françaises, dans lesquelles les « informaticiens » sont déconsidérés.

Ce cloisonnement des rédactions est sans doute un peu moins prégnant lorsqu’on s’intéresse aux rédactions web, mais il n’en reste pas moins un frein au développement du data journalism en France.

… en manque de culture web

Tout simplement, les rédactions traditionnelles n’ont souvent pas l’intuition du data journalism. La plupart du temps, elles ont un train de retard par rapport aux développements du web. Les écoles de journalisme commencent juste à intégrer le journalisme d’innovation et le web dans leurs enseignements. Pour beaucoup des acteurs de ce secteur, cela reste encore un truc de « geek ».

… en manque d’approche statistique

Ce manque d’intuition n’est pas sans rapport avec une culture journalistique très française. Une certaine hagiographie du journalisme made in France prend racine dans l’opposition « facts vs fiction » : opposition entre le journalisme de faits à l’anglo-saxonne et le journalisme littéraire et d’opinion du pays d’Albert Londres. La mythologie journalistique française sacralise la belle plume et le subjectivisme. Sur ce terreau pousse la défiance de nombreux journalistes envers tout ce qui pourrait paraître trop rationaliste, trop technophile ou trop américain.

A ceci s’ajoute la faible culture mathématique, statistique et scientifique de bien des rédacteurs de presse généraliste.

Aversion à mettre les mains dans les données brutes, malaisance avec les valeurs chiffrées, crainte de voir les techniciens commander les rédactions : autant de sensations diffuses qui ne facilitent pas la reconnaissance du data journalism en France.

Pour trouver quelques affinités entre la visualisation de données et l’histoire française, il faut sortir du champ journalistique et se pencher sur celui de la sémiologie. En particulier, la sémiologie graphique, inventée en France par Jacques Bertin, aborde les problématiques de visualisation d’informations géographiques.

Des journalistes américains au service des communautés locales ?

Enfin, une dernière hypothèse pourrait expliquer l’affinité des médias anglosaxons avec le data-journalism. Les journalistes américains se considèrent peut-être plus comme étant au service d’une communauté.

Aux Etats-Unis, les journalisme de données s’est beaucoup développé à l’échelon local avec du crimemapping et des services pratiques (les horaires d’ouvertures des magasins, par exemple). La référence en la matière reste EveryBlock d’Adrian Holovaty : un « agrégateur-visualiseur » de données micro-locales (critiques de restaurants, prix de l’immobilier, etc.).

Les données jouent un rôle important dans la valorisation des territoires. Le journalisme de données, au niveau hyperlocal, peut ainsi être utilisé par les rédactions pour générer de la proximité avec les communauté d’habitants pour lesquelles elles travaillent.

Côté environnement :

Une autre dimension doit être prise en compte : le journalisme de données ne dépend pas uniquement des journalistes, mais également des données à leur disposition.

Une culture de la transparence différente entre la France et les pays anglo-saxons

Et, là aussi, la France est à la traine par rapport aux anglosaxons. Les Etats-Unis et la Grande Bretagne se sont illustrés par leurs mouvements d’ouverture des données : avec les sites gouvernementaux data.gov et data.gov.uk, mais aussi avec de puissants militants de la cause de l’opendata, la Sunlight Foundation aux Etats-Unis, et le datablog du Guardian en Grande Bretagne.

Ici encore, on pourrait invoquer un fossé culturel : la culture anglo-saxonne de la transparence dans la gestion publique n’a pas d’équivalent en France. La campagne « Give us back our crown jewels », portée par le Guardian en 2006, ne pourrait pas avoir d’écho sur nos terres républicaines. Pourtant elle a joué un rôle important dans la libération des données publiques en Grande Bretagne. Le Guardian a ainsi activement milité pour que les données collectées grâce à l’argent du contribuable britannique soient accessibles gratuitement, afin de stimuler l’innovation. Il a joué un rôle d’exemplarité en ouvrant ses propres bases de données (DataStore) et en organisant un concours d’applications basées sur ces données libérées. (Voir à ce sujet l’article de Jean Marc Manach « Les joyaux de la couronne n’appartiennent à personne »)

Pas de consensus sur la valeur économique de l’ouverture des données en France

Dans son plaidoyer pour l’ouverture des données, le Guardian insistait sur l’enjeu économique de l’ouverture des données publiques : une meilleure valorisation des données stratégiques, plus de services, plus d’opportunités commerciales, plus d’innovation, moins d’asymétrie informationnelle et donc des marchés plus efficients, et au final, un plus grand dynamisme économique.

En France, il n’y a pas de consensus sur la valeur économique des données publiques. Les entreprises dont l’activité repose sur la privatisation de données n’ont pas intérêt à leur ouverture. L’avantage économique de la libération des données ne s’est pas imposé face aux gains espérés de leur monétisation via la vente de licences. C’est ainsi, par exemple, que l’IGN continue à faire payer l’accès à une importante partie de ses bases de données. (voir ce précédent post pour plus d’info)

Les conditions juridiques de la réutilisation des bases de données

Sans aller jusqu’à dire que l’appareil juridique français est un frein à l’ouverture des données, il faut garder en tête certaines particularités de notre droit des bases de données.

Premier point : le droit d’auteur. Les données brutes ne sont pas, en elles-mêmes, soumises au droit d’auteur mais une base de données peut être protégée par le droit d’auteur si elle découle d’un acte de création intellectuelle, c’est-à-dire si elle témoigne d’une originalité caractérisée. L’auteur de la base de données jouit alors d’un monopole d’exploitation de son œuvre (droits patrimoniaux) ainsi que de droits au respect de l’intégrité de son œuvre et au respect de sa paternité sur l’œuvre (droits moraux).

Deuxième point : le droit des producteurs de bases de données. Lorsque la création d’une base de données nécessite un investissement financier, humain et matériel substantiel, le droit des producteurs reconnaît au créateur un droit de protection analogue à celui de l’auteur sur son œuvre. Cette disposition est destinée à protéger l’investissement des personnes qui prennent l’initiative et le risque économique de créer une base de données. Cette protection garantit au producteur de la base de données un monopole d’exploitation, il peut interdire toute extraction substantielle de données de sa base.

Pour plus de détails voir la très bonne synthèse de Didier Frochot sur les-infostratèges.com et l’étude de la jurisprudence par Bernard Lamon.

Troisième point : la CNIL et les dispositions relatives à la protection de la vie privée. Toute base de données impliquant des données nominatives et/ou personnelles doit faire l’objet d’une déclaration à la CNIL. La collecte et la conservation des données d’une telle base sont également soumises à conditions (voire le site de la CNIL pour plus d’info). De même, doit être soumis à la CNIL tout croisement de bases de données qui aboutirait à qualifier des données personnelles.

L’enjeu de la structuration des données

Enfin, l’ouverture des données repose avant tout sur un enjeu d’accessibilité. Certes, on trouve aujourd’hui de nombreuses données chiffrées sur des organismes publics ou privés. Mais bien souvent ces données sont perdues au milieu de fichiers pdf, éparpillées entre des masses de texte, scannées en format image… et lorsqu’il s’agit de croiser de bases de données, on se retrouve face à des formats disparates et peu malléables… bref, les données sont rarement structurées.

D’accord, la loi du 17 juillet 1978 reconnaît à tout citoyen français le droit d’obtenir communication des documents détenus par une administration.

D’accord, une autorité administrative dédiée, la CADA (commission d’accès aux documents administratifs), veille au bon respect de ce droit d’accès aux documents administratifs.

Mais rien n’oblige les administrations à communiquer leurs données sous format numérique, encore moins de façon structurée.

Sur ce sujet, l’expérience de Nicolas Kayser-Bril est édifiante (voir l’article « On l’a pas en format ordinateur »).

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Illustration : http://www.sxc.hu/

7 études de cas en data journalism et visualisation de données

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Beaucoup de veille en ce moment, et peu d’écrit. Voici quand même quelques études de cas à vous faire partager.

Depuis un an que  je piste les exemples de data journalism, je constate que les initiatives françaises sont bien rachitiques et que j’atterris le plus souvent sur des sites anglo-saxons. Avec le nytimes.com, le washingtonpost.com et le guardian.co.uk en pionniers du genre. Les études de cas ci-dessous illustrent assez bien l’état du journalisme de données français par rapport à ce qui se fait aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou même en Espagne.

Plusieurs facteurs se combinent pour expliquer ce décalage français : un rapport différent aux données, une histoire journalistique divergente, une culture de la transparence publique antagonique, un appareil législatif singulier et surtout des rédactions appauvries tant en moyens financiers qu’en compétences humaines. Je détaillerai ces explications dans un prochain post, en attendant, je vous renvoie à l’article d’Elodie Castelli sur journ@lismes.info « Le Data-journalisme peine à se développer en France » et aux quelques compilations ci-dessous.

Le New York Times : leader américain en matière de data journalism. Ses infographies sont les plus innovantes et les plus esthétiques. Son partenariat avec IBM (logiciel ManyEyes) lui permet de proposer un « visualization lab » interactif et participatif.

Le Guardian : le titre a joué un rôle important dans le mouvement d’ouverture des données publiques au Royaume-Unis avec son manifeste Give us back our crown jewels. Avec son Datablog et son Datastore, il milite activement pour la libération des données, l’appropriation et le partage par le plus grand nombre de ses bases de données. Il réalise régulièrement des visualisations de données très réussies et joue un rôle d’exemplarité en lançant, par exemple, un concours de visualisations l’an dernier.

El Pais : son site dédie une rubrique au journalisme visuel. Au début des années 2000, elle accueillait surtout des infographies traditionnelles, illustratives et non-interactives. Désormais, cette section accueille de très belles visualisations, qui racontent des histoires.

En France, les initiatives en matière de journalisme de données proviennent surtout des pure-players : Mediapart et Rue 89 ont lancé des cartes participatives ; LePost.fr mène l’expérimentation un peu plus loin avec un traitement « data journalist » du cumul des mandats (cela fera sans doute l’objet d’un prochain post sur ce blog).

Un petit mot sur Gapminder. Ce n’est pas vraiment du data journalism, puisqu’il n’y a pas d’éditorialisation ni de volonté de couvrir l’actualité, même si le site met en avant certaines comparaisons de données. Gapminder reste pour autant un site très puissant de visualisation de données mondiales, ludique et didactique.

ManyEyes et Socrata : ces plateformes sociales de manipulation de données fournissent à tous un outil, un espace de stockage et un réseau pour y mettre en valeur bases de données et visualisations. Pas d’éditorialisation, uniquement du crowdsourcing, et une démarche d’ouverture et de partage. Le Sarkomètre du Nouvel Obs a été réalisé et hébergé sur Socrata. Ces plateformes ne sont donc pas si éloignées du journalisme de données qu’elles pourraient le laisser penser à première vue.

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Ouverture des données publiques : la Grande Bretagne sur la bonne voie

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Bonne nouvelle pour les database journalistes anglais : le gouvernement britannique devrait rendre disponible gratuitement les cartes élaborées par l’Ordnance Survey, l’agence de cartographie officielle de l’exécutif.

L’info provient du Guardian du 17 novembre : à l’occasion d’une rencontre avec Sir Tim Berners-Lee, inventeur du Word Wide Web, le Premier ministre Gordon Brown a annoncé que près de 2 000 sources de données seraient ouvertes au public d’ici avril.

Toujours d’après le Guardian, le gouvernement britannique aurait été séduit par le succès du crime mapping (cartographie de la délinquance) aux Etats Unis. (Comme quoi, l’exemple du Delaware online traité dans ce précédent post était finalement plus important que je ne le pensais)

Dans le lot de 2 000 bases prochainement ouvertes, les Britanniques pourront trouver des données sur :

-le trafic routier

-le prix des biens immobiliers en fonction du lieu de résidence

-les infractions au code de la route, avec le type d’infraction et leur nombre par zone géographique

Jusqu’à aujourd’hui, ces données n’étaient accessibles qu’après l’achat d’une licence, d’un coût de 5000£ (5 600€) par utilisation.

Pour le Guardian, c’est une belle victoire, puisque le quotidien britannique fait campagne depuis trois ans pour que le gouvernement renonce aux droits d’auteurs sur les données publiques.

Voici un extrait de leur appel pour l’ouverture des données publiques datant de 2006, Free Our Data

“Our taxes fund the collection of public data – yet we pay again to access it. Make the data freely available to stimulate innovation”

Les auteurs, les journalistes Charles Artus et Michael Cross, insistent sur les conséquences néfastes d’un tel statut des données, notamment sur l’innovation et l’entreprenariat.

Et en France, on en est où ?

Le géoportail, réalisation de l’IGN et du ministère de l’Ecologie propose un certain nombre de données cartographiques, librement exportables.

Surtout, notre régime d’accès aux données publiques est défini par la loi du 17 juillet 1978, qui garantit le libre accès aux documents administratifs et la réutilisation des informations publiques.

Dans quelle mesure cette loi permet-elle d’accéder aux données, sous quelles réserve, dans quels délais…. Tout ça sera l’objet d’un prochain post.

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Illustration : www.photo-libre.fr

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