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Un problème avec les nombres ?

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Premier post pour ce blog dédié au database journalism ou journalisme de données, et un petit épisode télévisuel va me permettre d’entrer dans le sujet:

Samedi 10 octobre 2009, le journaliste-présentateur TV Laurent Ruquier recevait Xavier Darcos, actuel ministre du Travail, dans l’émission « On n’est pas couché », sur France 2

RUQUIER : Je reviens sur le nombre de chômeurs, en plus il paraît que vous êtes un peu fâché avec les chiffres, ce n’est pas votre truc

DARCOS : Oui, bah je suis un littéraire moi…

RUQUIER : Mais quand même à vu de nez, pour l’année 2009, il y aura combien de chômeurs ?

DARCOS : Je ne dis plus aucun chiffre, parce que… »

(voir la vidéo ci-dessous pour retrouver l’interview complète)

D’accord, Xavier Darcos a été quelques peu échaudé par le calcul mental à la TV lorsqu’il était ministre de l’Education Nationale, mais l’épisode reste quand même assez révélateur de l’embarras de bien des Français lorsqu’ils sont confrontés aux nombres, et surtout face aux grands nombres. Je ne parle pas de concepts mathématiques, ni même de calcul mental, simplement, pour beaucoup, les nombres ne sont pas parlants.

Le montant de la dette ? la part des chômeurs ? les sommes perdues par telle ou telle banque ? Ces nombres ne produisent que peu de sens pour la majorité, ils ne suscitent aucune représentation.

D’ailleurs, c’est une recommandation que m’avaient faite mes rédacteurs en chef lors de mes derniers stages en journalisme : éviter les grands nombres, ils alourdissent les articles et restent abstraits.

Donc, beaucoup de concitoyens digèrent mal les grands nombres, et les médias traditionnels n’aiment pas les manipuler. (Je ne m’étends pas ici sur le manque de culture mathématique de bien des journalistes, je vous renvois plutôt à la démonstration de Fabrice Epelboin sur RWW).

En parallèle, on voit se développer un mouvement de perte de confiance envers les médias traditionnels, et une volonté de se nourrir directement aux sources de l’information.

Et c’est ici que tout se cristallise : Internet permet à la fois un accès direct aux données brutes et meilleure appropriation des nombres grâce à de nouveaux modes de traitement des données chiffrées.

D’où l’intérêt du database journalism à mes yeux :

1/Réconcilier les lecteurs-internautes avec les données chiffrées grâce à des infographies beaucoup plus interactives et parlantes que celles auxquelles nous ont habitués les médias traditionnels.

2/S’appuyer sur le mouvement de rejet du journalisme traditionnel, en promettant un accès facile, clair et direct aux données.

Le chiffre de la dette publique française devient tout de suite plus signifiant s’il est possible de visualiser son évolution dans le temps ou de le comparer à celui d’autres pays.

Alors, convaincus ?

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