Archive for the 'Des exemples de database journalism' Category

Visualiser les différents modes de scrutin en Grande Bretagne

Suite de notre suivi des élections britanniques, toujours en compagnie de FX, ami, collègue et blogueur sur Datanamics.

Petit résumé : le Conservative Party est arrivé en tête du scrutin du 6 mai dernier, mais ces législatives n’ont pas dégagé de majorité absolue au Parlement. Les Conservateurs ont donc dû former une coalition avec les Liberal Democrats emmenés par Nick Clegg. Le ralliement des Lib Dem s’est monnayé contre une révision du mode de scrutin. Acteur de troisième rang dans un monde politique britannique dominé par le bipartisme, les Lib-Dem sont, en effet, attachés à l’introduction d’une dose de proportionnalité dans le système électoral anglais.

Le mode de scrutin en vigueur est le scrutin majoritaire à un tour : le candidat qui remporte le plus de voix dans sa circonscription est élu. C’est le système FPTP (pour first past the post). Ce système sur-représente le parti majoritaire, au détriment des petites formations.
(Voir cet article de Lalibre.be, pour plus d’information sur le système électoral anglais)

Il existe d’autres systèmes, déjà expérimentés dans l’univers anglosaxon. La Electoral Reform Society recommande trois autres modes de scrutin, introduisant une représentation plus proportionnelle :

Venons-en concrètement à ce qui nous intéresse ici : quels seraient les effets d’un changement de scrutin sur la représentation politique ? Si l’élection du 6 mai dernier s’était jouée avec un système plus proportionnel, qu’est-ce que cela aurait changé ?
Nous vous avons préparé deux petites visualisations à partir des données publiées par le Datablog du Guardian (qui s’appuie sur la Electoral Reform Society), en nous intéressant aux 12 grandes régions britanniques.
La première est interactive (si vous l’ouvrez sur Tableau Public en cliquant dessus), et vous permet de visualiser, région par région (ou en additionnant les scores de plusieurs régions) combien de sièges au Parlement chaque parti aurait obtenu avec tel ou tel mode de scrutin.
La seconde est une infographie, montrant pour chaque région et pour chaque parti quel est le mode de scrutin le plus avantageux.
Qu’en retenir ?
  • Quelque soit le mode de scrutin envisagé, le parti en première place reste le même, dans toutes les régions, selon nos projections à partir des résultats de 2010. Les modes de scrutin AV, AV+ ou STV changent parfois la donne pour la deuxième et troisième place.
  • Pour cette élection de mai 2010, le système actuel FPTV avantageait les conservateurs dans plus de la moitié des régions. Dans les régions où le FPTV n’était pas le plus avantageux, c’est le STV qui donnait au Conservative Party le plus de sièges.
  • A l’inverse, l’actuel système électoral joue en la défaveur des Lib-Dem dans toutes les régions, alors que le STV leur garantissait le plus de sièges, dans toutes les régions également.
  • Quant aux Labour, le système leur permettant de gagner le plus de sièges varie selon les régions : parfois le mode AV, parfois le mode actuel FPTV, parfois le STV.

Pour le moment, nous ne savons pas dans quelle direction s’orientera la réforme électorale voulue par Nick Clegg. Nul doute qu’il procèdera lui aussi à ce genre de calcul et de visualisation pour arrêter sa position.

Vous trouverez une analyse plus en profondeur de la situation britannique sur le blog de FX.

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Visualiser les concordances entre soutiens politiques de la presse britannique et victoires aux élections

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A trois jours des élections générales au Royaume-Uni, l’occasion de revenir sur les prises de position des principaux quotidiens nationaux.

Les journaux britanniques n’hésitent pas à afficher clairement leur soutien pour tel ou tel candidat et l’appui apporté par les rédactions représente un enjeu de campagne pour les partis politiques. Car ces prises de position ne sont pas acquises une fois pour toutes. Si le Times a soutenu le Labour en 2005, il s’affiche cette année en faveur du Conservative Party, par exemple, tout comme le Guardian.

Dès lors il devient très intéressant d’observer les concordances et dissonances entre soutiens médiatiques et soutiens dans les urnes.

C’est exactement l’objectif de l’infographie ci-dessous: quel journal a soutenu quel parti pour chaque élection depuis 1945 ? Et quel a été le parti vainqueur pour chaque élection ? Le tout mis en perspective avec le poids de chaque journal, compte tenu de sa diffusion.

Cette infographie a été réalisée à partir des données fournies par le Data Blog du Guardian ici :

Is it the Sun wot wins it for Labour? How newspaper support affects elections

The Sun and Labour support: How newspaper readers have voted in UK general elections

Ce Data Blog, au-delà de réaliser des très bonnes visualisations d’actualité, est en effet une mine de données. Les journalistes y publient les bases de données dont ils se servent pour mener leurs enquêtes, et invitent les lecteurs à réaliser des infographies à partir de cette matière première (et à les poster sur Flickr).

C’est exactement ce que nous avons voulu faire avec FX, qui blogue sur la visualisation de l’information, en anglais, sur Datanamics. Et qui est aussi un de mes co-équipiers dans l’aventure ActuVisu.

Une première mise en garde, loin de nous l’idée de suggérer une corrélation directe entre soutien médiatique et victoire aux élections. Nous sommes tous deux convaincus que les médias n’ont pas de claire emprise sur les actes et consciences des électeurs anglais et que les changements de bord des gouvernements britanniques relèvent bien plus d’une problématique liée aux évolutions sociales. Nous avons plutôt voulu questionner les évolutions de la presse quotidienne nationale en fonction de sa coloration politique.

Je vous renvoie à l’article détaillé de FX pour une analyse approfondie, mais j’aimerais juste attirer votre attention sur quelques petites choses que nous enseigne cette infographie :

  • Les années 70 sont déterminantes : à partir de là la coïncidence entre la couleur politique des médias et celle de la victoire électorale semble plus prégnante.
  • C’est également à partir des années 70 que le Sun acquiert une diffusion importante, et qu’il commence à changer de bord politique au gré des élections
  • Et c’est aussi dans les années 70 que s’amorce le déclin du traditionnel soutien aux Conservateurs que représente le Daily Express, et celui du traditionnel soutien au Labour que représente le Daily Mirror.
  • Qu’en conclure ? que le Sun est un élément déterminant depuis les années 70.

La vraie étude, celle que nous n’aurons pas le temps de faire, consisterait à analyser pourquoi une telle concordance entre les prises de position du Sun et le résultat des élections ? Quel est l’impact du Sun ? Le Sun aurait-il un sens particulièrement affiné du changement social, au point d’anticiper les changements de majorité politique, voire de les renforcer ?

Si vous avez déjà eu l’occasion de vous pencher sur cette question, je vous invite à nous faire part de vos réflexions.

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Quatre voies du datajournalism

J’ai eu l’impression, ces derniers jours, de répéter plusieurs fois la même chose à des personnes différentes. (Ce qui est un vrai plaisir quand il s’agit de datajournalism). D’où l’idée d’articuler ici ces quelques éléments récurrents.

Finalement, le datajournalism ou journalisme de données, peut difficilement se résumer à un type de contenu ou à un type de démarche. J’ai identifié quatre dimensions, et pour chacune les compétences nécessaires à sa mise en œuvre :

1-Compréhension : Le datajournalism permet de mieux comprendre le monde.

Pour cette visualisation des succès au box office américain depuis 1986, l’équipe du nytimes.com a particulièrement travaillé sur la forme des courbes, et leur couleur.


Le datajournalism, c’est de la visualisation d’information. C’est une des composantes du traitement rich media (tel que le défini Alain Joannes), une des applications du journalisme visuel. Dans cette première logique, le datajournalism permet de faire comprendre par l’image certaines idées bien mieux que ne le feraient des mots.

Le datajournalism fait ici appel aux compétences des graphistes et aux connaissances en sémiotique visuelle ou en sémiologie graphique : pour que chaque forme et chaque couleur fasse sens instantanément.

Pour faire comprendre une affaire d’espionnage politique à Madrid, elpais.com a mis au point une visualisation animée et interactive.

Mais le datajournalism va au delà de l’infographie car il ne s’adresse pas uniquement à l’intelligence visuelle, il travaille également sur l’intelligence cinétique. En datajournalism la visualisation est forcément interactive. Elle doit permettre à l’internaute de jouer avec les données, de manipuler la visualisation. Plongé dans une posture active, l’usager appréhende et mémorise plus facilement l’information.

La datajournalism ne pourra donc pas se passer des compétences d’un interaction designer. Ni de celles d’un ergonome.

2.Personnalisation :  Le datajournalism permet de personnaliser la vue sur le monde

Gapminder permet de visualiser à la demande les relations entre différents indicateurs statistiques mondiaux.

Le datajournalism, c’est aussi de l’information à la carte. Un des moyens de répondre à la fragmentation des audiences.

La visualisation de données consiste à bâtir une interface graphique pour accéder à une base de données. Cela permet bien sûr de proposer un aperçu de gros volumes de données, d’en faire jaillir le message essentiel. Mais cela ouvre également la possibilité d’interroger n’importe quelle partie de cette base de données, et de la rendre accessible et compréhensible instantanément. Ainsi, une des dimensions de l’interactivité consiste à rendre la visualisation librement paramétrable. Une application de datajournalism peut alors répondre toutes les attentes particulières des internautes autour d’un thème d’information.

Les savoir-faire d’un architecte de l’information deviennent ici utiles.

3.Investigation : Le data journalisme permet d’éclairer autrement le monde.

En analysant un document de 458 mille pages sur les notes de frais des députés britanniques, le Guardian a révélé des abus dans l’utilisation des fonds publics britanniques.

Le datajournalism est également un outil d’investigation. Les bilans de la cour des comptes, les rapports du FMI, les statistiques de l’OCDE, etc., contiennent énormément de matériau pour le journalisme d’investigation. Seulement, il faut savoir faire parler ces données. C’est à dire qu’il faut prendre le temps de les lire, qu’il faut savoir les interpréter, qu’il faut des outils pour appréhender des tendances à partir de gros volumes de données, qu’il faut avoir l’idée de croiser une base de données avec une autre, etc., pour faire apparaître des informations jusque là ignorées.

Interroger les données plutôt que les témoins est un art encore très délaissé par les médias français. Peut-être parce que cela suppose d’emprunter des outils et des méthodes aux sciences (voir la brillante illustration de Fabrice Epelboin sur RWW France) : pour extraire de l’information d’immenses bases de données, il n’y pas d’autres moyens que de construire des modélisations, que d’utiliser des outils de gestion de la complexité.

Impossible de réaliser ce genre d’investigation sans statisticien.

4.Participation : Le data journalism permet de participer à la description du monde

Avec l’aide de 200 internautes, l’équipe d’Owni.fr a géolocalisé les bureaux de votes français et a rendu cette base de données gratuite, ouverte et libre.

Enfin, le datajournalism suppose parfois de faire appel au crowdsourcing pour collecter les données et pour les qualifier. Lorsque la base de données n’existe pas, lorsqu’il est matériellement impossible qu’un petit groupe de personnes collecte toutes les données sur un sujet, la force du datajournalism réside dans sa capacité à fédérer la participation des internautes pour obtenir des données à faire parler.

Cela nécessite un gros travail d’animation de communauté.

Il faut encore mentionner deux compétences indispensables au datajournalism, et transversales à ces quatre dimensions.

Tout d’abord les savoir-faire des développeurs. Développeur axé back office et data, pour construire et gérer les bases de données, mais aussi développeur axé animation, flash, et front office.

Et pour finir, pas de datajournalism sans travail d’éditorialisation. Par éditorialisation j’entends : problématisation, inscription dans le débat public, storytelling, hiérarchisation, définition d’un angle de traitement de l’actualité et d’un message à délivrer. Vous remarquerez que j’esquive volontairement la référence au journalisme. Je suis persuadée qu’il n’est pas besoin de se définir comme journaliste pour être capable de remplir ce rôle d’éditorialisation. Maintenant, est-ce que ce travail d’éditorialisation est du journalisme ? Je vous laisse en débattre.

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Prix de la presse au Kg : la presse française bien plus chère que la presse étrangère

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Au menu : une très bonne visualisation d’Elsa Secco, des explications sur sa réalisation et quelques mots d’éditorialisation.

La visualisation d’abord, réalisée par Elsa Secco, à partir des données fournies par Philippe Douroux dans son très bon article « Aux Etats-Unis, la presse pèse 3 fois plus lourd et coûte moins de 2€/Kg« .

Elsa Secco est webdesigner et étudiante en quatrième année à l’Hetic.

Quelques précisions sur sa réalisation ensuite :

ELSA : « C’est la première visualisation que je réalise, et je voulais vraiment m’éclater, qu’elle soit, avant tout, fun et accessible.

J’ai tout de suite eu l’idée de représenter les données par des plumes, double-métaphore pour illustrer le poids et l’écriture.

Le plus laborieux a été de croiser l’image et les mathématiques. Il fallait absolument que les proportions soient respectées, pour que le lecteur comprenne instantanément ce qui est comparé et analysé. J’ai donc passé un moment à trouver la bonne échelle et faire des règles de 3 !

Ensuite, j’ai étudié plusieurs possibilités de schémas, je ne dis pas que le mien est le meilleur, mais je voulais aussi le mettre dans le contexte de l’illustration, comme si des plumes tombaient du nid de l’oiseau.

D’ailleurs je suis assez fière de mon oiseau, car il a une tête assez grotesque. 🙂  »

Et pour finir, je ne peux pas m’empêcher de vous livrer les quelques commentaires que ces données m’inspirent.

L a presse française, coûte, en moyenne 11,30€ le Kg alors qu’aux Etats-Unis elle coûte moins de 2€ le Kg, selon les calculs de PhDx dans son récent article sur slate.fr.

D’accord, vous allez me dire : quel sens ça a de comparer le prix au Kg de la presse ? J’y vois deux vertus pédagogiques :

Premièrement, comparer les prix au Kg, c’est mettre en lumière deux phénomènes très importants dans la perte d’attractivité de la presse papier française :

  1. La presse française offre moins de contenu que certains titres étrangers (par exemple, les très copieux Washington Post et New York Times)
  2. La presse française est plus chère que la presse étrangère.

Pour lutter contre des difficultés endémiques ou une crise économique conjoncturelle, certains titres ont amoindri leur rédaction et/ou leur pagination, tout en augmentant le prix d’achat. Comment s’étonner que les lecteurs désertent ? A l’origine des difficultés de la presse quotidienne française, il n’ y a pas seulement une transformation de la demande, un bouleversement des pratiques de lecture, il a aussi la faible attractivité de l’offre, et la visualisation d’Elsa montre bien cela.

Deuxièmement : cette référence au prix au Kg nous fait prendre conscience de la matérialité de la presse papier. Un journal c’est de l’encre, du papier, des camions pour le transporter… Et tout cela à un coût (plus de 60% des charges  d’exploitation d’un titre). Des coûts qui ne se retrouvent pas dans la presse en ligne.

Certains considèrent comme un paradoxe que bien des lecteurs, qui acceptaient de payer hier pour leur journal, ne conçoivent plus aujourd’hui de payer pour de l’information en ligne. Calculer le prix de la presse au Kg suggère une explication : les lecteurs ne payaient déjà pas pour l’information au temps des journaux imprimés, ils payaient pour le papier, l’encre, l’essence dans les camions et le salaire des porteurs.

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7 études de cas en data journalism et visualisation de données

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Beaucoup de veille en ce moment, et peu d’écrit. Voici quand même quelques études de cas à vous faire partager.

Depuis un an que  je piste les exemples de data journalism, je constate que les initiatives françaises sont bien rachitiques et que j’atterris le plus souvent sur des sites anglo-saxons. Avec le nytimes.com, le washingtonpost.com et le guardian.co.uk en pionniers du genre. Les études de cas ci-dessous illustrent assez bien l’état du journalisme de données français par rapport à ce qui se fait aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou même en Espagne.

Plusieurs facteurs se combinent pour expliquer ce décalage français : un rapport différent aux données, une histoire journalistique divergente, une culture de la transparence publique antagonique, un appareil législatif singulier et surtout des rédactions appauvries tant en moyens financiers qu’en compétences humaines. Je détaillerai ces explications dans un prochain post, en attendant, je vous renvoie à l’article d’Elodie Castelli sur journ@lismes.info « Le Data-journalisme peine à se développer en France » et aux quelques compilations ci-dessous.

Le New York Times : leader américain en matière de data journalism. Ses infographies sont les plus innovantes et les plus esthétiques. Son partenariat avec IBM (logiciel ManyEyes) lui permet de proposer un « visualization lab » interactif et participatif.

Le Guardian : le titre a joué un rôle important dans le mouvement d’ouverture des données publiques au Royaume-Unis avec son manifeste Give us back our crown jewels. Avec son Datablog et son Datastore, il milite activement pour la libération des données, l’appropriation et le partage par le plus grand nombre de ses bases de données. Il réalise régulièrement des visualisations de données très réussies et joue un rôle d’exemplarité en lançant, par exemple, un concours de visualisations l’an dernier.

El Pais : son site dédie une rubrique au journalisme visuel. Au début des années 2000, elle accueillait surtout des infographies traditionnelles, illustratives et non-interactives. Désormais, cette section accueille de très belles visualisations, qui racontent des histoires.

En France, les initiatives en matière de journalisme de données proviennent surtout des pure-players : Mediapart et Rue 89 ont lancé des cartes participatives ; LePost.fr mène l’expérimentation un peu plus loin avec un traitement « data journalist » du cumul des mandats (cela fera sans doute l’objet d’un prochain post sur ce blog).

Un petit mot sur Gapminder. Ce n’est pas vraiment du data journalism, puisqu’il n’y a pas d’éditorialisation ni de volonté de couvrir l’actualité, même si le site met en avant certaines comparaisons de données. Gapminder reste pour autant un site très puissant de visualisation de données mondiales, ludique et didactique.

ManyEyes et Socrata : ces plateformes sociales de manipulation de données fournissent à tous un outil, un espace de stockage et un réseau pour y mettre en valeur bases de données et visualisations. Pas d’éditorialisation, uniquement du crowdsourcing, et une démarche d’ouverture et de partage. Le Sarkomètre du Nouvel Obs a été réalisé et hébergé sur Socrata. Ces plateformes ne sont donc pas si éloignées du journalisme de données qu’elles pourraient le laisser penser à première vue.

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66 visualisations et exemples de database journalism

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Lorsque j’ai lancé ce blog, je pensais avant tout en faire un atelier de travail pour un (éventuel) projet de lancement de site de database journalism. Il me semble naturel d’y publier quelques travaux préparatoires. Voici un premier document, compilation des différentes visualisations repérées depuis trois mois.

Il y a aura une suite et des améliorations. Il y aura aussi, je l’espère, vos commentaires, remarques et suggestions 🙂

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Exemple de database journalism : La cartographie de la criminalité dans l’état du Delaware

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Comme promis, j’entame avec ce post une série d’exemples de database journalism.

Le quotidien américain The News Journal (Ganett Corporation) publie sur son site Web www.delawareonline.com une cartographie de la criminalité de l’état du Delaware.

delaware 1

Le site s’appuie sur l’application Google Map qui permet de créer des cartes personnalisées. Il s’agit donc d’un module très simple, accessible à n’importe quel site d’info.

Chaque parcelle du territoire est colorée selon le nombre de crimes qui s’y sont déroulés. La carte permet de zoomer manuellement ou d’entrer son code postal, pour obtenir plus de détails sur une zone précise. Il est ainsi possible d’obtenir une idée du niveau de criminalité pour chaque district.

delaware 2

La base de données sur laquelle est construite la carte est également consultable sur le site. Elle est mise à jour toutes les semaines et rend compte des crimes commis au cours du dernier mois. Les données sont fournies par l’état du Delaware, qui agrège les rapports des agences de police. Seuls les viols ne sont pas répertoriés pour protéger la vie privée des victimes.

delaware 3

En définitive : une cartographie simple mais efficace, qui permet une autre approche des faits divers, en les quantifiant et en les géo-localisant. Ce que les pages « faits divers » de la PQR ne peuvent faire.

Il existe, bien sûr, des exemples de journalisme de données plus ambitieux, mais ce sera pour un prochain post.

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