Le database journalism : à la croisée des grandes tendances du Web

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statistique

Comme expliqué dans la page « A propos », mon exploration du database journalism est sensée nourrir un projet de lancement d’un site d’info basé sur du journalisme de données.

Si je voulais faire simple, je pourrais résumer mon projet à un site d’infographies. Evidemment, ça ne serait pas aussi attractif : l’idée de compiler sur des pages Web des dizaines d’infographies telles qu’on a l’habitude de les voir dans les pages de nos journaux ferait même plutôt fuir.

Un petit post s’impose donc pour convaincre d’éventuels réticents que le journalisme de données, ou database journalism, est bien au cœur des dernières tendances du Web, et qu’il résonne de promesses captivantes.

Le database journalism s’inscrit à la croisée de plusieurs grandes tendances :

1/Le Web-design et la 3D : de l’infographie en trois dimensions, animée, percutante, ça change tout ! Ca pourrait même réconcilier nos concitoyens avec les nombres (cf sur ce blog: un problème avec les nombres ?).

2/La personnalisation : la délinéarisation, la fragmentation voire l’individualisation, de la consommation d’information sont désormais caractéristiques des usages du Web. La mise à disposition de bases données via des interfaces graphiques peut justement offrir une personnalisation poussée de l’information. Une infographie interactive peut ainsi être plus ou moins largement paramétrée par l’utilisateur : choix du zoom, délimitation de la zone géographique, sélection des dimensions comparées, personnalisation des critères de visualisation… Chaque infographie devient ainsi unique, parfaitement adaptée aux besoins d’un internaute à un moment précis de son parcours de navigation.

3/La géolocalisation : la personnalisation appliquée à la situation géographique de l’internaute. Cela peut permettre, par exemple, à chaque Internaute d’entrer dans les infographies différemment selon l’endroit où il se trouve. Résultat : un impact bien plus grand des données présentées. La carte du taux de mortalité par accident de la route suscite moins la curiosité si elle est présentée à l’échelle de la France qu’à celle de son quartier.

4/La transparence des données publiques : l’administration Obama a donné une vraie impulsion en janvier dernier en ouvrant l’accès à un catalogue de données brutes de l’Etat américain, sur le site data.gov. Le gouvernement britannique s’y est mis aussi (http://innovate.direct.gov.uk/). Le  mouvement d’ouverture des bases de données est lancé, mais les données brutes restent difficilement lisibles sans médiation graphique. Il ne reste donc plus qu’à s’en saisir pour y greffer des interfaces de visualisation éditorialisées. C’est ici que le database journalism trouve sa place.

5/Le Web social et le crowdsourcing: Non seulement les internautes ont la possibilité de personnaliser les infographies, mais ils peuvent également contribuer à récolter les données. Pour analyser les 458 mille pages sur les notes de frais des députés britanniques, le Guardian a, par exemple, demandé à ses lecteurs-volontaires d’analyser chacun un petit bout du document. La participation des internautes permet à la fois de collecter des données micro-locales et de fédérer des communautés autour des bases de données.

6/L’Internet des objets et le temps réel : l’étiquetage électronique des objets, via des puces Rfid capables de transmettre ou d’enregistrer des données, ouvre la voie à de nouvelles façons de collecter l’information. Un capteur, encapsulé dans une montre ou n’importe quel objet usuel, peut, par exemple, donner des indications géo-localisées, en temps réel, sur la pollution de l’air. La transmission des données entre puces Rfid et espaces de stockages numériques peut se faire automatiquement, et être intégrée à des infographies réactualisées en permanence. (Voir l’article de Daniel Kaplan sur InternetActu.net)

J’essaierai, bien entendu, de développer toutes ces dimensions du database journalism dans mes prochains posts.

Et, promis, je vous donnerai par la suite des exemples commentés de journalisme de données.

Creative Commons License

Illustration : www.photo-libre.fr
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7 Responses to “Le database journalism : à la croisée des grandes tendances du Web”


  1. 1 tangibertin 16 novembre 2009 à 5:29

    si je comprend bien, le database journalisme, consiste à rendre graphique des stats, pour les rendre plus compréhensible ?

  2. 2 carolinegoulard 16 novembre 2009 à 7:34

    ça consiste peut-être avant tout à aller chercher des données qu’on ne va pas chercher dans la presse traditionnelle, au coeur des bases de données.

    Il est plus long et fastidieux d’éplucher une base de données que d’inviter un expert quelconque à réagir à un fait d’actualité, mais ce ne sont pas les mêmes informations que l’on produit au final.

    Donc je pense que ce n’est pas seulement un travail de visualisation, ce n’est pas juste rendre graphique, même si ça joue beaucoup, c’est aussi savoir éditorialiser des données chiffrées, leur donner du sens. Ce qui nécessite un traitement journalistique.

    Donc pas seulement rendre graphique les stats, mais aussi produire les bonnes stats,et aller chercher des données chiffrées.

    Juste un exemple : au moment du buzz autour de la nomination à l’EPAD du fils Sarkozy, il aurait pu être pertinent de sortir une infographie donnant accès au niveau de diplôme des dirigeants français selon différents critères comme leur secteur d’activité, si leur structure est publique et privée, la taille de leur structure…

  3. 4 carolinegoulard 22 novembre 2009 à 4:12

    @tangibertin
    Merci de m’avoir recommandé ce site, que je ne connaissais pas.
    Je vois deux défauts cependant à leurs infographies :
    1/elles sont visuellement jolies, mais il est difficile d’y rentrer, le graphisme nuit un peu à la lisibilité
    2/elles ne sont pas interactives


  1. 1 Pourquoi le journalisme de données c’est mieux que le journalisme tout court « Database journalism Rétrolien sur 11 novembre 2009 à 9:26

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